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à être rentré
dans mon petit monde depuis le
13/11/05
Spéciale dédicace à nos amis les banlieusards... ^^ Rentrez chez vos mères les gosses, on en a marre de vous voir aux infos, en plus vous gaspillez de l'essence : au prix que ça coûte il va falloir en dealer des barettes de shit pour rembourser tout ça!Ce soir, Momo a la rage, oui : la haine. Il en a marre de ce quartier pourri, marre de se faire insulter par l’ennemi Sarkozy, marre de se faire menacer par les flics avec leurs flashballs. Alors, Momo va sortir pour se défouler un peu. Les règles du jeu sont simples, c’est Rachid le grand frère qui les explique : « Tu brûles et tu casses tout ce que tu peux, tu peux balancer des trucs sur les condés, mais dès qu’ils t’ont repéré tu t’arraches. Toute façon ils vont pas te chercher longtemps, ils ont autre chos à branler».
Obéissant, de bonne volonté, Momo s’exécute : on lui a donné un marteau, toutes sortes de produits inflammables sont à sa disposition, il ne va pas se faire prier pour s’en servir. On lui conseille tout d’abord de faire brûler des poubelles : c’est simple – il suffit d’un briquet et d’un peu de papier journal bien arrosé d'huile – et on peut le plus souvent opérer en toute tranquilité. Après quelques poubelles brûlées en solo, Momo rejoint la bande de Rachid qui vient de sortir de la planque où ils préparaient des cocktels Molotov. C’est tellement plus drôle de faire péter des bagnoles ! Seulement voilà : il y a plus de chances de se faire choper à plusieurs, il faut être prudent : trois qui font le guet, un qui brise une vitre de la caisse, un autre qui balance le cocktel à l’intérieur, les autres admirent le spectacle et font une vidéo, mais à la moindre alerte tout le monde se tire, c’est la débandade.
Après avoir échappé trois fois aux schmidts, le groupe décide de se séparer : les grands vont voir ce qui se passe dans le quartier d’à côté, tandis que les autres sont chargés de continuer à animer celui-ci. Des équipes de deux sont formées, Momo travaille avec Cédric. Ils n’ont pas de cocktel, mais ils ont des marteaux dont ils se servent avec bonheur : au bout d’une demi-heure il ne reste plus une seule vitre intacte à 100 mètres à la ronde. Cédric et Momo commencent malgré tout à s’ennuyer, lorsque ce dernier a une idée : ils vont tenter un gros coup.
Il se rappelle en effet que près du pont qui passe au-dessus d’une autre route non loin d’ici, il y a un chantier où ils devraient facilement pouvoir trouver des blocs de béton. Il suffit d’en porter un jusque sur le pont et de le lacher sur la route au bon moment pour provoquer un bel accident ! L’idée est simple, paraît bonne, mais toute la difficulté réside dans la coordination : il faut lacher exactement quand une voiture est en train de passer.
Après un premier essai infructueux, les deux jeunes amènent un autre bloc de béton et se postent à nouveau au-dessus de la route pour attendre l’occasion rêvée. Elle ne se fait pas beaucoup attendre : rapidement, une voiture de flics qui ne roule pas trop vite se pointe, il suffit d’être parfaitement synchro. S’ils réussissent, Momo et Cédric seront la fierté du quartier, c’est Rachid qui sera content! La caisse que l’on voyait arriver de loin grâce à son gyrophare s’approche encore, les deux ados se mettent à compter : trois, deux, un… ils lachent. Le bloc tombe, ils ne voient pas grand chose mais entendent un bruit, mélange de tôle froissée et de verre brisé : le coup est réussi ! Joliment réussi, même : la bagnole va se planter direct contre un pillier du pont, et mieux : elle prend feu ! C’est Rachid qui va être content, Momo le petit frère est devenu grand, il a planté des connards de keufs,ils doivent tous avoir crevé après un choc pareil !
Peut-être Momo sera-t-il un petit peu moins fier quand il apprendra que Rachid aussi avait réussi un tour de force ce soir : il avait tiré une bagnole de flics.
Historiette : "Récit d'une petite aventure, d'évènements de peu d'importance" (Merci le petit Robert)
Pendant les vacances, une demoiselle a laissé un commentaire fort sympathique sur l’article que j’avais écrit au sujet de mon bien-aimé professeur de mathématiques. Ce commentaire avait en réalité peu trait à l’article, il m’informait du fait que la demoiselle –une certaine Julie- avait entendu parler de moi par Alex (celui qui s’amuse à noter mes articles) ; enfin (surtout) il me laissait entendre que ce qu’Alex lui avait dit de moi lui avait donné envie de me connaître. Bref, je sentis en lisant ce commentaire que j’avais sans doute trouvé le moyen d’égayer un peu mes mornes vacances. Cette Julie ayant laissé son adresse hotmail, je l’ajoutai à mes contacts sur msn et –par bonheur- nous nous trouvâmes presque aussitôt à discuter en ligne.
Ce premier contact fut bref, mais la photo qu’elle utilisait me donna à moi aussi l’envie de la connaître : je n’avais auparavant jamais rencontré de fille dont la beauté était aussi frappante. Nous ne nous vîmes plus sur msn par la suite, nous privilégions l’envoi très régulier d’e-mails. J’essayais pendant ce temps de contacter Alex pour m’assurer que mes yeux ne m’avaient pas trompés et avoir plus de renseignements sur cette Julie ; mais réussir à le contacter pendant les vacances relève du genre d’exploit que représente celui d’attraper intact le string que Madonna jette à la foule pendant l’un de ses concerts. Tant pis, pas de renseignements complémentaires de la part d’Alex.
De toute façon, ceux-ci se seraient bientôt avérés inutiles, car la demoiselle parlait déjà d’un rencard sur Rennes. Outre nos discussions sur mon prof de maths que je ne manquais pas de ridiculiser autant que possible à ses yeux, nous parlions en fait surtout de se rencontrer, car elle disait ne pas aimer trop se dévoiler sur internet.
Rendez-vous fut ainsi prit pour le mercredi précédant la rentrée devant la fac de droit, j’avais expliqué à mes parents que je rentrais plus tôt à Rennes pour pouvoir me consacrer pleinement à la préparation de mon concours blanc. Avant d’aller à ce rendez-vous, plein d’espoir, je rangeai mon appartement de sorte à ce qu’il soit présentable à une jolie Julie qui, si elle n’aimait pas se dévoiler sur internet, m’avait bien fait comprendre qu’elle était beaucoup moins timide en réalité.
Je me rendis donc devant la fac de droit à l’heure convenue, j’étais même en avance car elle n’était pas encore là. Il n’y avait qu’un homme aux cheveux gris que je voyais de dos mais qui se retourna quand j’arrivai : « Salut NOËL, content que vous soyez venu à notre petit rendez-vous ! ». Mon ami le prof de maths m’avait eu.
Morale : Boys are boys, les hommes ne sont pas prêt de réfléchir avec leur tête...
:-D
BaCcHus.
Arthur, lui , se sent motivé depuis qu’il a vu cette jolie demoiselle au fond de la salle. Elle n’a pas l’air accompagnée : un passage rapide au toilettes histoire de se mettre de l’eau sur le visage et la fatigue d'Arthur aura presque disparu pour laisser place à son instinct de guerrier. Fini l’œil hagard, il faut maintenant faire place au sourire-pub-de-dentifrice de beau gosse auquel il est surentrainé. Deux-trois pas de danse en sortant des toilettes, un regard bien fixé sur la fille, la trajectoire précise, il ne laisse pas d’ambiguïté subsister entre eux. Il joue de l’épaule pour pousser quelques mecs qui sont sur son passage et arriver près de la jeune fille qui dit s’appeler Paula. Charmante cette Paula, poitrine fournie en plus.
Arthur, plus beau gosse et gentleman que jamais, lui offre un verre après avoir un peu dansé avec elle parce que la chaleur est étouffante. Après ce petit wisky-glace, Paula ne peut que remercier celui qu’elle appelle « el Arthuro » : au baiser furtivement glissé suivent quelques embrassades bien langoureuses, décidément ce soir Arthur est bien chanceux.
Tellement chanceux qu’elle a très chaud Paula, elle aimerait bien se reposer chez « son » Arthur ; en plus elle a une voiture, elle peut les y emmener tous les deux. Va pour la voiture, donc. Sitôt à l’intérieur, la nécessité se fait sentir de réchauffer l'athmosphère. Les bouches s’unissent, les mains d’Arthur descendent,l'une caresse la poitrine de Paula tandis que l'autre va chercher son ventre, puis son entre-jambe…où quelque chose de dur rapelle à Arthur pourquoi il n'avait pas l'habitude de fréquenter cette boite de nuit un peu spéciale .

Toute ressemblance avec une personne existante n'est pas fortuite mais au contraire bien recherchée... Je ne lui demande pas de m'excuser s'il tombe dessus...
Comme beaucoup, il vous arrive sûrement de croiser devant chez vous un petit homme, la cinquantaine grisonnante, avec son imposante brioche kronenbourg et qui promène sa bonhommie suffisante jusqu'au collecteur de verre, répond à votre timide " bonjour " par un négligeant " ouais, salut ". Et alors, vous vous demandez : " mais qu'est-ce qu'il peut bien faire dans la vie celui-là ? " . Je crois avoir la réponse à cette question lancinante : c'est mon prof de maths. Oui, c'est ça, et agrégé en plus ! Le bon franchouillard peut-être un brin raciste qui dit lorsque ses élêves ne savent pas répondre : " Mais noyau et image, c'est typé quand même ! Il y aurait un noir parmi vous, vous le remarqueriez bon sang ! ", oui celui-là même, macho sur les bords, qui dit à une élève de la classe qui n'est pas en train de faire l'execice qu'il vient de donner : " Mais faites le calcul bon sang, ou alors fallait pas venir ! Sinon la prochaine fois je vous amène des chaussettes à repriser ! " ; celui là c'est mon prof de maths.
Non mais ce n'est pas une andouille lui, il bosse, contrairement à nous, ses expressions favorites sont : " mais vous foutez rien bon sang, je vous le dit !" ou alors, voyant notre incompréhension : " Vous êtes nuls quand même hein ! ", " Putain mais c'est pas possible, on va jamais y arriver! " ou alors : " Vous êtes chiants vous savez rien ! " , "Mais vous suivez pas aussi bordel, comment voulez vous y arriver ? " ou encore " Mais ils comprennent rien c'est pas possible ! " , " Non mais faut pas déconner... ", " Putain ils ont tout oublié ! " . Dernièrement il nous a sorti un beau : " Vous avez rien dans la citrouille hein...que du pépin ! "
C'est vrai qu'il doit sûrement faire autant de maths que sa brioche détend son pull-over (toujours le même pour pas en abimer d'autre, si ça se trouve il en a un autre pour le dimanche), parce que pour lui c'est sacrément facile, en témoignent ces expressions récurrentes : " Mais où est la difficulté bordel ? ", " C'est facile non ? Oh, eh ! Vous êtes plus cons que la moyenne, hein ! " ou alors " bon alors là c'est facile vous tartouillez ça " . Puis après tout il n'a pas tort, ce qu'on nous demande " ce n'est pas d'être bon, c'est d'être moins cons ! "
Mais détrompez vous, c'est un homme engagé contre la souffrance! La preuve, quand il me voit tuer le temps en discutant avec ma voisine de classe : "Qu'est-ce qu'il est chiant, NOËL, on va bientôt finir par l'euthanasier" ou encore, quand on lui demande à retarder la date limite pour lui rendre un devoir-maison : " Je vous ai déjà expliqué, ça sert à rien d'en faire trop : quand vous avez passé 20 heures dessus ça suffit vous arrètez ! " , " Melle Noirot vous me le rendez pas ? Vous allez encore rajouter des conneries dessus ? "; bon je vous l'accorde, quand il nous rend ces devoirs c'est le sempiternel : "mais vous foutez rien je vous dis !" : c'est qu'il a du travail lui : " Ah non mais vous êtes chiants, surtout que j'ai passé du temps à corriger ça, putain j'y ai passé la soirée " .
Les meilleurs cours sont encore ceux où il nous rend un devoir : c'est là que nous nous rendons compte de notre nullité : entendre "ya des couillons qui me mettent tout de suite f ' (0)" ou " Vous êtes grotesques, alors vous allez me chercher des critères de D'Alembert... vraiment vous êtes grotesques ! Ah il doit rigoler D'Alembert ! ", ou alors " ya des trous du cul qui m'écrivent F= H(x)-H(0) donc F ' = H'(x) - H'(0) ...puis yen a qui masquent leur connerie en mettant des petits 'h' "ne choque plus personne dans la classe . C'est vrai qu'on a du mal, le pauvre on va"le faire vieillir de dix ans encore cette année, putain [il va] finir tricentenaire" mais il connait sans doute l'explication: "Bon alors vous dès qu'il y a des convergences c'est (il fait des grimaces hilarantes) , c'est comme un film d'horreur ; yen a qui se font chatouiller par la convergence pendant la nuit c'est pas possible ! " . Je pense même qu'il a la solution : " Dans cette partie 3 il y a un ramassis de conneries ! c'est pas possible, un ramassis de conneries ! A faire honte à votre grand-mère. A la fin de l'année vous irez voir votre grand-mère et sa caisse de cierges. Faut la préparer la grand-mère ! La grand-mère et la caisse de cierges, c'est indispensable pour les concours ! Machin (un élève dont j'ai oublié le vrai nom) l'année dernière il devait avoir une grand-mère et une bonne caisse de cierges lui !" . La grand-mère c'est une bonne idée, mais je suis sûr que lui aussi peut nous mener à la réussite, c'est un bon pédagogue après tout,il utilise des images que nous comprenons quand c'est difficile : " Nous parlons mademoiselle, d'auto- (vroum vroum) morphisme" , " Vous savez bien que z comme zorro, ça permet de régler bien des problèmes ! " , même s'il a le mérite de ne pas trop trop d'illusions sur nous : "le carré d'une somme ce n'est pas la somme des carrés, sauf pour certains d'entre nous bien sûr !" . Il a raison de nous donner des bons conseils ce prof, parce que nous " forçons trop sur les nouilles", alors " Va falloir en acheter de la bonne, hein ! Va pa falloir avoir peur de mettre le prix, OLLIVIER ! " . Et puis il faut qu'on se méfie parce que " Y va y avoir un contrôle d'urine avant d'arriver le matin c'est pas possible ! Et ya pas de brouillards pour l'instant, alors je vous dis pas quand les premiers brouillards vont apparaître ! "
Voilà, maintenant vous savez qui c'est, votre voisin, vous savez qu'il ne passe pas ses soirées à regarder la télé, mais à corriger nos copies (enfin pas les miennes, il m'a dispensé de rendre mes devoirs-maison depuis qu'il s'est rendu compte que je ne les faisais pas tout seul).
Pour la route, deux citations qui sont restées dans les annales : "Qu'est-ce qu'il y a Melle HENO ? C'est NOËL qui vous chatouille ? Ah ça, ça m'étonne pas de NOËL, il est toujours dans les mauvais coups" (dans le même genre on a le "MILLON, un problème ?" "Non monsieur, juste un petit truc" "Oh bein si c'est petit ça m'interesse pas...ça c'est ce que dit Melle COIGNARD" ) ; sans oublier le maintenant classique : "hein, qu'est-ce qu'elle vous disait votre maman, EON ? Eon, éon, petit patapon ? "